Le jour d’hiver

Le Jour d’Hiver

Le long jour d’hiver dormait encore dans ses draps blancs…

J’ai quitté la maison

-la porte reste ouverte-

Le ciel roule ses voiles au ras des champs qui s’allongent,

Contre les herses d’arbres nus, comme soldats désoeuvrés…

J’ai marché…

Tout ce jour, je l’ai tricoté du haut de la colline,

A vous aimer encore à chaque maille jetée,

Les bras dépliés,

Les pieds dans la terre gelée

-mais dansants !-

A piquer des étoiles, des rires, des chaleurs,

Voici que je balance au- dessus des murs,

A travers les grillages ;

C’est comme broder des délices dans la boue !

Ancrée, je bondis au-delà des naufrages !

La courte journée d’hiver s’est jetée dans l’eau du fleuve,

Là, tout en bas…

Je redescends chez moi ;

Les oiseaux sont passés,

Le cerf…

Le chat dort toujours sur la chaise…

Allumer le feu,

Réchauffer la soupe,

M’asseoir devant la nuit de la fenêtre…

Je pose sur la table les ors du jour ;

Ce qui a été, ce qui est ou essaie d’être,

Ce que je veux qui soit ;

Ils scintillent,

 Ils chuchotent….

Toute la nuit,

Dos courbé,

Mains griffées,

Près du chat qui s’étale,

Je vais les coudre en arabesques,

En boules d’un autre Noel…

Et les regarder vivre…

Et vous regarder vivre.

Anne Sophie Oury Haquette

Une réflexion au sujet de « Le jour d’hiver »

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