Le chemin

Il y avait sept petites chemises

Comme autant de frères,

Mais peut-être étaient ils moins ?

Peut-être était-ce juste celui-là

Si beau,si vivant,

Pour lequel, inlassablement,je couds des vêtements.

C’est ton absence qu’à petits points je couds,

Dénouant pierre à pierre les murs entre toi et le monde,

Te créant un passage.

A écouter comment ça résonne le manque, la faille,

Comment pourtantça éclaire,

Comment ça ouvre des fenêtres sur l’or de ta Présence,

Je trace un chemin,

À chaque point,

traversant les apparences,je jette un pont,

Ainsi je me redessine,

Je me recouds,

Tu te retisses,

Loin de la transparence,du diaphane,

Tu redeviens, dans toute ta singularité.

©Asoh

Petite chemise de fée

35/45 cm

Pour les Sarabandes

24/26 juin, Rouillac.

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Les invisibles

Les invisibles

Ceux-là un jour ont perdu l’équilibre,

Qui pourtant reprennent à chaque fois le même chemin,

Coeur et jambes dérobés,

S’accrochent au même obstacle,

À la même ornière.

Celle-ci a largué ses racines,

Âme noyée,

Elle navigue à vue,

Loin de l’illusion des ancres.

Lui est assis au bord de la chaise,

Pieds crispés dans les chaussures,

Tout entier absorbé par le dessin vivant des veines de ses mains.

Ils regardent par la fenêtre la pluie tomber,

Hors de,

Juste au dedans d’eux-mêmes,

Les invisibles,

Ceux que j’aime.

Ça résonne en eux comme dans la chambre oubliée d’un château,

Ça sent la chapelle, perdue au fond d’un bois,

Les abricots qui suent de sucre dans les grandes jattes…

Ce sont eux pourtant qui sortiront sous l’eau allumer des lumières;

Resteront là longtemps,

À se vêtir d’escarbilles qu’ils offriront la nuit tombée à ceux qui ont encore soif de clarté.

©ASOH

Le manteau du jour d’après…. et son trousseau

Le manteau du Jour d’Après a poursuivi son voyage au fil des lectures….

Après Berlin et Lyon, je l’ai porté pour  le finissage de «  Vibrations Textiles » en août dernier….

Depuis…Il attend comme nous tous des jours meilleurs….

Je continue à coudre ce qui ne se coud pas ; les mousses, les branches et le calque, les rubans, les plumes et les dentelles, les mots et les papiers deviennent maintenant chapeau et  petite chemise de fée…

Je n’ai pas fini ce trousseau étrange…

Anne Sophie Oury Haquette

Le manteau du jour d’après

Je porterai mon manteau du jour d’après … mon manteau d’échos….
pour le festival Lollapalooza à Berlin les 7 et 8 septembre ,
et pour le vernissage de mon exposition :  » A l’ombre d’or de l’oiseleur  » durant la BHN de Lyon, le 18 septembre à la bibliothèque Saint Jean…. J’y lirai un certain nombre de mes textes.

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La passerelle
Le jour d’après
Je renais ;
Je plonge la main dans ce limon :
Ce qui reste de mes chemins,
Ce qui de vous demeure
Un minuscule dédale d’étoffes caressées, de laines tressées,
Des mots en fragments friables,
Des idées de feuilles,
( ……..)
Je commence à coudre un manteau d’échos …
(………)

Anne Sophie Oury Haquette