Les cerfs

Il faudra désormais suivre les cerfs,

Tu laisseras à la lisière ton habit de ville, tes ailes, jamais ouvertes,

Le jour se lève à peine,

Tu marcheras pieds nus dans les festons du gel, sous les arbres qui chantent,

C’est une invocation muette, loin des maisons grises,

Si loin des rues sans nom où claquent des pas inconnus: Cerf, Biche, Oiseau,

Tout ce qui fuit à notre approche : Emmenez moi!

Que je glisse mes doigts dans vos plumes, dans vos fourrures vivantes,

Laissez moi caresser vos bois duveteux,

Que je colle à vos coeurs battants mon oreille !

Avant que mes fils s ‘effilochent,

Avant qu’ils ne s’emmêlent,

Avant que tout se casse…

Je veux plonger O ravie !

Dans les lacs de vos yeux jusqu’au recueil de moi,

Jusqu’à la chambre obscure où je danse ;

Compagne tranquille de l’indicible, je marche sur la sente,

Je ne laisserai aucune trace.

Anne Sophie Oury Haquette

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s