Les invisibles

Les invisibles

Ceux-là un jour ont perdu l’équilibre,

Qui pourtant reprennent à chaque fois le même chemin,

Coeur et jambes dérobés,

S’accrochent au même obstacle,

À la même ornière.

Celle-ci a largué ses racines,

Âme noyée,

Elle navigue à vue,

Loin de l’illusion des ancres.

Lui est assis au bord de la chaise,

Pieds crispés dans les chaussures,

Tout entier absorbé par le dessin vivant des veines de ses mains.

Ils regardent par la fenêtre la pluie tomber,

Hors de,

Juste au dedans d’eux-mêmes,

Les invisibles,

Ceux que j’aime.

Ça résonne en eux comme dans la chambre oubliée d’un château,

Ça sent la chapelle, perdue au fond d’un bois,

Les abricots qui suent de sucre dans les grandes jattes…

Ce sont eux pourtant qui sortiront sous l’eau allumer des lumières;

Resteront là longtemps,

À se vêtir d’escarbilles qu’ils offriront la nuit tombée à ceux qui ont encore soif de clarté.

©ASOH

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